Le passé viticole d'Aubière

 

Le patrimoine

Aubière a su conserver avec son coeur de ville historique le souvenir d'un riche patrimoine et une architecture très caractéristique, étroitement liés à son passé viticole. En particulier on remarquera les maisons de vignerons avec le cuvage au rez-de-chaussée, le balcon en fer forgé. Le site exceptionnel des grandes caves, au pied du puy d'Aubière, abandonné et menacé de disparition avec le déclin de la viticulture est en cours de restauration par l'Association pour la Sauvegarde des caves d'Aubière

La viticulture en Auvergne

L'existence d'un vignoble auvergnat est très ancienne. Au cours des siècles, depuis l'antiquité, la viticulture s'est répandue dans tout le bassin de  Limagne pour atteindre son aire d'extension maximale dès le Xème siècle. Le XVIIème fut le grand siècle des vins d'Auvergne en terme des qualité. Le vignoble, alors constitué de cépages anciens autochtones et de cépages importés de Bourgogne et de la vallée du Rhône, permettait la production d'un vin de qualité.

L'essor

Le XVIIIème siècle a connu des changements importants, la consommation de vin augmentant avec l'enrichissement de la population rurale. Les producteurs ont cherché à augmenter le rendement des vignes au détriment de la qualité du vin en important du lyonnais  un cépage plus rentable qui va progressivement remplacer les espèces locales. les vins, outre la consommation locale, étaient exportés par la Loire et l'Allier vers Paris, Tours, Nantes.

A l'époque de la révolution le nombre de petites propriétés fut multiplié par quatre en raison de l'augmentation de la consommation, de la suppression des taxes et des revenus importants avec de petites surfaces.

Au XIXème siècle les exportations de vin et avec elles l'économie viticole auvergnate  reçurent un coup de fouet  avec l'arrivée en 1856 du chemin de fer. En 1875 on enregistra une production record de plus de 1,3 millions d'hectolitres. Il fallut construire des caves pour stocker tout ce vin. Vers 1860 la vigne produisait le quart du revenu agricole du département du Puy-de-Dôme.

Le déclin

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle de redoutables maladies cryptogamiques et parasitaires d'origine américaine furent introduites dans le vignoble français, l'oïdium en 1845 et le phylloxera  en 1860. Ces maladies anéantirent d'abord le vignoble méridional (1880) puis celui du Beaujolais épargnant provisoirement le vignoble auvergnat, ce qui lui insuffla d'abord et pour une courte période, une forte croissance.

Le vignoble auvergnat est massivement détruit  par le phylloxera à partir de 1895. Les viticulteurs auvergnats avaient su tirer parti de l'expérience des viticulteurs du midi avec l'utilisation de plans greffés résistant au phylloxéra. En moins de 10 ans la superficie du vignoble diminue de plus de 50 %. Le vigneron perd sa main d'oeuvre, attirée par la ville et ses industries.

En 1910 le mildiou vendange la récolte avant l'heure puis c'est la première guerre mondiale qui assène le coup fatal au grand vignoble auvergnat.

Un dernier sursaut.

La crise de 1929 et ses conséquences vit disparaître le vignoble et la main-d'œuvre essentielle à son maintien. Abandonnées par les vignerons, certaines caves trouvent une autre affectation. Dès 1934, fromagers et affineurs s'en emparent et les aménagent, sans toutefois respecter le site.
Pendant plus de 50 ans, plus de la moitié des fromages d'Auvergne furent affinés dans ces caves. Cependant les vignerons s'unissent pour sauver un patrimoine qui leur échappe. Ils obtiennent l'Appellation d'Origine « Vin d'Auvergne» en 1932.
L'union des viticulteurs propose la création d'une Cave Coopérative. Implantée à Aubière, le long de la RN9, elle ouvrit ses portes pour les vendanges de 1935. Elle fut en activité jusqu'en 1975 et fut remplacée par la Cave Coopérative de Veyre Monton aujourd'hui Cave Saint Verny.


Aujourd'hui.
Dès le début des années 1960, le vignoble Aubièrois va s'engager dans une profonde mutation. La proximité de la grande métropole clermontoise va condamner le vignoble déjà en perte de vitesse, et faire perdre au bourg son caractère rural. Le vignoble va se voir dévoré par une fièvre grandissante de construction. En 1968 c'est l'implantation du Complexe des Cézeaux qui va enclencher le processus irréversible.


 

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